SEULE..., ET IL FAIT FROID
Elle marche seule, dans les rues vides.
Les balcons gris ont la nostalgie
des couleurs de l'été.Le vent froid balaye les trottoirs
où personne ne s'assoit plus.La clé au fond de la poche,
en fermant la porte de métal gelé,
avant le dernier coup d'œil sur la rue.
Il fait froid.L'obscurité ouvre les pupilles, désespérées ;
le dessin apparaît petit à petit,
pendant que les doigts s'accrochent à la rampe.Il fait froid et le bois de l'escalier
amortit les pas fatigués, maintenant un,
maintenant un autre, en montant.Il fait froid et les murs sont froids
et les meubles et les draps sont froids aussi.Dans la chambre, seule, abandonnée,
l'air l'a reçue, froid aussi
et les souvenirs lui font mal.
Et il fait froid.Une larme, tiède, affleure aux yeux fatigués
et sa gorge se serre,
en un étouffement de désespoir et solitude.
Et tout est froid,
il fait froid.